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Espacio de Colette

Colette dans l'espace
June 25

Pas de crevettes dans les palmiers / No hay gambitas en las palmeras

                                                       
 
   
 

Un an sans crevettes grises de la belge mer du Nord, je ne tiens plus ! Je m’absente quelques jours mais vous laisse en compagnie de mon jardin.

 

Un año sin gambitas grises del mar belga del Norte, ¡no puedo más! Estaré fuera unos días pero os dejo con mi jardín.

 

                                   

 
June 20

Laura

Est-il connu en dehors de l’Espagne? Peut-être. Lluís Llach est LE chanteur-compositeur-poète- catalan.

Né en 1948 à Girona, il s’est retiré officiellement en 2007.

Un parcours fait de luttes contre le franquisme et de défense de la langue catalane interdite par le Caudillo, d’exils politiques à Paris, Bruxelles, Londres…Un immense succès discographique, des salles combles et enthousiastes dès son retour en Espagne après la mort de Franco. Sa chanson « L’estaca », écrite à 20 ans, est devenue, d’une certaine façon, l’hymne national catalan.

 

En 1969 il rencontre Laura Almerich qui devient sa sœur, son amie, sa complice et qui a fait partie de son accompagnement musical durant sa carrière.

Un jour, une surprise. Il lui avait écrit une chanson et il l'a chantée sur scène pour la première fois; Laura a fondu en larmes.

La voici : (j'aime énormément la sonorité, les mots de la langue catalane. Vous trouverez les traductions en español et français plus bas.)

 

                                              

 

Laura
I avui que et puc fer una cançó                                                              
recordo quan vas arribar
amb el misteri dels senzills,
els ulls inquiets, el cos altiu;
i amb la rialla dels teus dits
vares omplir els meus acords
amb cada nota del teu nom, Laura.

M’és tan difícil recordar
quants escenaris han sentit
la nostra angoixa per l’avui,
la nostra joia pel demà...
A casa enmig de tants companys,
o a un trist exili mar enllà,
mai no ha mancat el teu alè, Laura.

I si l’atzar et porta lluny,
que els déus et guardin el camí,
que t’acompanyin els ocells,
que t’acaronin els estels;
i en un racó d’aquesta veu,
mentre la pugui fer sentir,
hi haurà amagat sempre el teu so, Laura.

Et aujourd’hui que je peux t’écrire une chanson

je me souviens de ton arrivée  
mystérieuse comme les gens simples
les yeux inquiets, le corps altier
Le sourire aux doigts
tu as emplis mes accords
de chaque lettre de ton nom, Laura.

.

Il m’est difficile de me souvenir

de combien de scènes ont vécu
notre angoisse du présent,
notre joie pour le lendemain…  
A la maison, parmi tant d’amis,
ou dans un triste exil par delà la mer
jamais n’a manqué ton ardeur, Laura.

 

Et si le hasard t’emporte loin
que les dieux protègent ton chemin
que t’accompagnent les oiseaux
que les étoiles te caressent
Et dans un coin de cette voix                         

tant que je pourrai la faire entendre
il y aura toujours ton son caché, Laura.

 

LAURA

Y hoy que puedo escribirte una canción
recuerdo cuando llegaste
con el misterio de los sencillos,
inquietos los ojos, el cuerpo altivo.
Con la sonrisa de tus dedos
llenaste mis acordes
con cada nota de tu nombre,  Laura.

Me es muy difícil recordar
cuantos escenarios han vivido
nuestra angustia por el hoy,
nuestra alegría por el mañana...
En casa, entre tantos compañeros,
o en un triste exilio allende el mar
nunca ha faltado tu aliento, Laura.

Y si el azar te lleva lejos
que los dioses guarden tu camino,
que te acompañen los pájaros,
que te acaricien las estrellas.
Y en un rincón de esta voz
mientras pueda hacerla oír
siempre estará escondido tu sonido, Laura.

© Edicions l'Empordà

Les paroles originales en catalan et espagnol viennent de la web officielle de Lluis Lach. http://www.lluisllach.cat  C’est moi qui ai réalisé la traduction (imparfaite) en français.


 

 

 

 

 

 

 
June 17

En rond /En círculo

                                                           "Ronds dans l'eau" Linogravure 1950 Escher
 

En rond

 

Des heures de feu extérieur, nous restons cloîtrés. Comme le dit mon amie japonaise, « les murs ont comme de la fièvre ».

Je prépare un flan avec les courgettes du potager, lui il tourne en rond depuis tout un temps.

Moi : Tu es à rien mon ange?*

Lui : Oui, mais j’avance.

(J’adore ce genre de réponse)

 

*Ma mère, wallonne, employait très souvent cette expression. L’avait-elle inventée ?

 

 

En círculo
 
Horas de fuego exterior, nos quedamos recluidos. Tal y como dice mi amiga japonesa, “es como si las paredes tuvieran fiebre”.
Preparo un flan de calabacines de la huerta, hace un tiempo que él da vueltas.
Yo: ¿No estás a nada, querido?
Él: Sí, pero avanzo.
(Adoro ese tipo de respuesta).

 

 

June 15

Un brin de fraîcheur

 

La source cachée  Hella Haasse  / ROMAN         

 

Peut-être y a-t-il une explication à chaque geste. Le court roman d’Hella Haasse se trouvait depuis longtemps sur ma table de nuit et hier soir, il faisait très chaud...ce titre, l’idée de me rafraîchir, sûrement.

 

En voici deux passages :

 

« La tempête détruit, l’éclair incendie sans raison. La grande violence des forces de la nature ne connaît pas de pourquoi. Eline, l’essence de son être, semblait en cet instant faire peser sur moi une menace aussi surhumaine, aussi imprévisible que l’orage, unie avec le vent impitoyable, déchaîné, (…).

Qui connaît le combat mystérieux que se livrent, dans l’esprit, les forces contraires, l’éclair de l’impulsion créatrice, la décharge d’un potentiel créateur. Poussé par cet acharnement démoniaque de l’âme, l’homme possède peut-être, comme l’ouragan, le pouvoir de faire plier et de briser ce qui le dérange. Et si, dans ses efforts passionnés, dans ses tentatives aveugles pour connaître l’extase, il n’épargne rien ni personne ? »

 

Ici le je est un scientifique, chimiste.

 

«Aucune des formules que je connaissais, dans lesquelles les lois régissent les éléments étaient définies, ne pouvait alléger la souffrances des créatures sur terre. Je pouvais sonder les secrets de l’atome si je le voulais, mais devant l’énigme de la vie j’étais impuissant.

J’étais seul avec moi-même sur une planète habitée par des êtres aussi solitaires que moi. (…) Je regardais les gens autour de moi et mon cœur se remplissait d’une émotion qui était plus forte, plus puissante que la seule pitié. Je voyais que la vie sur terre pour l’homme était souvent misérable, folle, maudite, mais elle me semblait soudain sublime par son caractère énigmatique. J’ai alors, pour la première fois, essayé de recourir à l’écriture pour formuler plus clairement mes réflexions. »

 

De belles descriptions d’odeurs et de couleurs de la nature en toutes saisons. Une légère intrigue ; comme beaucoup de romans de cet écrivain néerlandais, j’ai lu celui-ci d’une traite et avec grand plaisir.

 

 

                                 Mai 2009 Colo

June 11

Un cadeau sans prix / Un regalo sin precio

 

La noblesse avec laquelle cette dame marocaine qui, pour nous remercier de quelques cinq heures de traduction, nous a offert un sac de vingt kilos de pommes de terre et un autre de dix kilos d’oignons nous a émus plus que tout autre cadeau au monde.

Cette dernière pleine lune a aussi de bons côtés.

 

La nobleza con la cual esa señora marroquí quien, para agradecernos unas cinco horas de traducción, nos ha regalado un saco de veinte kilos de patatas y otro de diez kilos de cebollas nos ha emocionado más que cualquier otro regalo en el mundo.

Esa última luna llena tiene algunos lados positivos.

 

                                                           

                            

 

                                                Foto: S. Bayer.

 

 

 

Colette

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