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July 06 Fardeau
Julio González
“Si chaque seconde de notre vie doit se répéter un nombre infini de fois, nous sommes cloués à l’éternité comme Jésus-Christ à la croix. Cette idée est atroce. Dans le monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids d’une insoutenable responsabilité. C’est ce qui faisait dire à Nietzsche que l’idée de l’éternel retour est le plus lourd fardeau (das schwerste Gewicht). Si l’éternel retour est le plus lourd fardeau, nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté. Mais la pesanteur est-elle vraiment atroce et belle la légèreté ? Le plus lourd fardeau nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous presse contre le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corps mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l’image du plus intense accomplissement vital. Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie. En revanche, l’absence totale de fardeau fait que l’être humain devient plus léger que l’air, qu’il s’envole, qu’il s’éloigne de la terre, de l’être terrestre, qu’il n’est plus qu’à demi réel et que ses mouvements sont aussi libres qu’insignifiants. Alors que choisir ? La pesanteur ou la légèreté ?» L’insoutenable légèreté de l’être. Milan Kundera.
J’ai retrouvé avec tendresse ma famille, mes amis belges, et en les écoutant j’ai repensé à ce passage de Kundera. Que font-ils de leur fardeau ? Certains l’acceptent avec résignation, d’autres secouent les épaules pour tenter de s’en libérer, les derniers s’évadent de la réalité. Vivre, survivre. TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://colomuseur.spaces.live.com/blog/cns!AB5A71B9860C118C!1805.trak Weblogs that reference this entry
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